« Santé Canada a proposé une mise à jour importante de son cadre réglementaire sur les additifs alimentaires en recommandant l'autorisation de l'extrait de romarin comme agent de conservation dans un large éventail de produits alimentaires canadiens. Cette proposition fait suite à l'évaluation d'une demande d'autorisation d'additif alimentaire visant à approuver l'utilisation de l'extrait de romarin comme antioxydant afin de prévenir le rancissement et d'améliorer la durée de conservation des aliments riches en matières grasses. »
S'il est approuvé, l'extrait de romarin sera ajouté à la liste des conservateurs autorisés et au tableau des spécifications des additifs alimentaires, ce qui permettra son utilisation contrôlée dans les produits de boulangerie, les snacks, les légumes déshydratés, les fruits à coque, les pâtes à tartiner et les pâtes précuites dans la graisse.
Une consultation publique d'une durée de 75 jours est désormais ouverte jusqu'au 21 février 2026.
Teneurs maximales en extrait de romarin dans les catégories d'aliments
La proposition fixe des teneurs maximales spécifiques pour le carnosol et l'acide carnosique lorsqu'ils sont utilisés comme conservateurs dans diverses catégories d'aliments. Pour les brownies, les biscuits et les crackers, la teneur combinée en carnosol et en acide carnosique est limitée à 50 ppm. Les produits à base de pommes de terre déshydratées peuvent également contenir ces conservateurs à une teneur maximale de 50 ppm. Une limite inférieure s'applique aux chips de fruits frits et aux snacks à base de céréales, de légumineuses ou de légumes, à l'exclusion des barres snack et des fruits à coque, pour lesquels la teneur maximale autorisée est de 20 ppm. Les barres snack à base de fruits, de céréales, de légumineuses, de fruits à coque ou d'ingrédients à base d'amidon peuvent contenir jusqu'à 50 ppm. Pour les nouilles et les pâtes précuites avec de la matière grasse, la teneur maximale est limitée à 10 ppm. Dans le cas des fruits à coque, des arachides et des graines, la teneur maximale proposée est de 25 ppm, et la même limite de 25 ppm s'applique aux pâtes à tartiner à base de fruits à coque, d'arachides et de graines. Ces limites sont calculées comme la quantité combinée de carnosol et d'acide carnosique, qui sont les principaux composants antioxydants responsables de la prévention de l'oxydation dans les aliments.
Fondement scientifique de la proposition
L'examen préalable à la mise en marché mené par Santé Canada a évalué l'innocuité et l'efficacité technologique de l'extrait de romarin pour l'usage auquel il est destiné. L'évaluation a pris en compte l'exposition alimentaire ainsi que des facteurs liés à l'allergénicité, à la chimie, à la microbiologie, à la nutrition et à la toxicologie. L'extrait de romarin agit comme un antioxydant qui ralentit l'oxydation des lipides, empêchant ainsi le rancissement des aliments contenant des graisses et des huiles.
L'extrait destiné à être utilisé comme conservateur est spécialement raffiné afin de réduire au minimum son goût et son arôme tout en augmentant les teneurs en carnosol et en acide carnosique. Il est obtenu par extraction de feuilles de romarin séchées à l'aide d'éthanol ou d'acétone, suivie d'une purification. L'autorisation proposée s'applique uniquement à l'extrait de romarin qui répond aux spécifications énoncées dans le Recueil combiné du Comité mixteWHO sur les additifs alimentaires (JECFA).
Modifications réglementaires proposées
Santé Canada propose d'ajouter une nouvelle entrée, R.1 « Extrait de romarin », à la Liste des agents de conservation autorisés, applicable à toutes les catégories d'aliments énumérées au tableau 1. De plus, l'extrait de romarin utilisé comme agent de conservation doit respecter les spécifications du JECFA, qui seront ajoutées au Tableau des spécifications des additifs alimentaires.
Statut réglementaire international
L'extrait de romarin est déjà autorisé en tant qu'additif alimentaire en Australie, en Nouvelle-Zélande et dans l'Union européenne. Aux États-Unis, les huiles essentielles, les oléorésines et les extraits naturels à base de romarin sont considérés comme « généralement reconnus comme sûrs » (GRAS) pour l'usage auquel ils sont destinés.
Exigences en matière Labelling de conformité
Lorsqu'il est utilisé comme antioxydant, l'extrait de romarin doit figurer dans la liste des ingrédients des aliments préemballés. Le romarin utilisé uniquement comme arôme n'est pas considéré comme un additif alimentaire au sens du Règlement sur les aliments et drogues et est soumis aux labelling spécifiques aux arômes.
Mise en œuvre et application
Les modifications proposées entreront en vigueur à la date de leur publication sur le site Web de Santé Canada. L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) sera chargée de veiller au respect de la Loi sur les aliments et drogues et de ses règlements.
Consultation
Les parties prenantes peuvent soumettre leurs commentaires sur la proposition jusqu'au 21 février 2026 par e-mail à l'adresse suivante :
food.ibr-ipr.aliments@hc-sc.gc.ca
avec pour objet : « Extrait de romarin (P-FAA-25-02) ».